Bienvenue à Agricole moderne !
home

Culture Jhum :agriculture durable dans le nord-est de l’Inde

Culture Jhum :agriculture durable dans le nord-est de l’Inde Le Jhum est une forme d'agriculture itinérante dans laquelle une parcelle de terre forestière est sélectionnée, la végétation est coupée et brûlée et les cendres riches en nutriments sont utilisées pour faire pousser des cultures. (Source de l'image représentative :Adobe stock)

Dans les collines isolées et les pentes boisées du nord-est de l'Inde, l'agriculture est plus qu'un simple moyen de subsistance :c'est un mode de vie profondément ancré dans la tradition, la communauté et la survie. Parmi les nombreux systèmes agricoles indigènes trouvés en Inde, la culture du Jhum se distingue par son importance historique et sa pertinence culturelle. Pratiquée depuis des générations par les communautés tribales dans des États comme le Nagaland, le Mizoram, le Manipur, l'Assam, le Meghalaya, le Tripura et l'Arunachal Pradesh, l'agriculture Jhum reflète une relation délicate entre l'homme et la nature.

Le Jhum est une forme d'agriculture itinérante dans laquelle une parcelle de terre forestière est sélectionnée, la végétation est coupée et brûlée et les cendres riches en nutriments sont utilisées pour faire pousser des cultures. Après quelques années, une fois que le sol perd sa fertilité, on laisse la terre se régénérer et une nouvelle parcelle est choisie. Bien que ce cycle puisse paraître rudimentaire aux yeux de l'agriculture moderne, il s'agit d'un mécanisme de survie bien pensé pour les communautés tribales vivant dans des zones vallonnées et pluviales où l'agriculture conventionnelle n'est pas toujours réalisable.

Cycle Jhum :un voyage étape par étape à travers le pays

Le processus agricole du Jhum commence par une sélection minutieuse des terres, généralement une parcelle forestière en pente. Les villageois décident souvent de cette question collectivement, sur la base de leurs connaissances traditionnelles et de leur expérience passée. Une fois sélectionnée, la végétation du terrain est coupée, les arbres, les arbustes et les herbes sont coupés et les débris sont laissés sécher au soleil. Vient ensuite la phase de combustion, qui constitue une partie cruciale du cycle Jhum. La végétation sèche est incendiée et les cendres produites deviennent un engrais naturel riche en potassium et autres nutriments.

Après la phase de brûlage, vient le semis des cultures. Les graines sont semées directement dans le sol meuble rempli de cendres à l’aide d’outils simples. Le choix des cultures comprend souvent le mil, le paddy de montagne, le maïs, les haricots, les cucurbitacées et les tubercules, cultures qui peuvent survivre grâce à la fertilité résiduelle du sol et n'ont pas besoin d'irrigation. Une fois les cultures récoltées, la terre peut se reposer et se régénérer naturellement. Cette période de jachère peut varier de cinq à dix ans dans le cycle traditionnel, même si elle a été considérablement réduite ces derniers temps en raison de la rareté des terres et de la pression démographique.

Avantages de la culture Jhum

Malgré les critiques, l'agriculture Jhum continue d'être pratiquée en raison de sa simplicité et de son importance pour les communautés tribales. Il nécessite très peu d’intrants, pas d’engrais chimiques, de systèmes d’irrigation ou de machines. La méthode repose sur les semences locales, les connaissances traditionnelles et le travail communautaire. Pour de nombreuses familles, il ne s'agit pas simplement d'une technique agricole mais d'une pratique culturelle qui rassemble les communautés.

De plus, Jhum assure une sécurité alimentaire saisonnière et une source de moyens de subsistance pour des milliers de ménages tribaux. Dans de nombreux villages, des communautés entières travaillent ensemble pour défricher les terres, brûler la végétation et célébrer les saisons des semailles et des récoltes avec des rituels et des festivals. Cette méthode s'inscrit également dans le rythme écologique de ces régions, où l'agriculture itinérante a contribué à maintenir le couvert forestier de manière cyclique.

Défis

Cependant, dans le contexte actuel, des inquiétudes grandissent quant à la durabilité de Jhum. Un problème majeur est la déforestation. À mesure que la demande de terres cultivables augmente, la période de jachère entre les cycles diminue, passant des 7 à 10 ans traditionnels à seulement 2 à 3 ans dans de nombreux endroits. Cela ne laisse pas au sol ou à la végétation suffisamment de temps pour se régénérer, ce qui entraîne une érosion des sols, une perte de fertilité et une perte de biodiversité.

Le brûlage de la végétation libère également des gaz à effet de serre, contribuant ainsi au changement climatique. De plus, les rendements du Jhum sont faibles et insuffisants pour répondre aux besoins d’une population croissante. À une époque où les conditions climatiques sont imprévisibles et les précipitations irrégulières, cette méthode devient encore plus vulnérable. Il existe donc un besoin urgent d'explorer des alternatives durables capables de préserver l'essence culturelle de Jhum tout en améliorant la productivité et la santé environnementale.

La voie à suivre

La solution ne consiste pas à abandonner complètement Jhum mais à l’adapter. Une approche prometteuse consiste à promouvoir une agriculture sédentaire dans les zones où le sol et le relief le permettent. L'agroforesterie consiste à faire pousser des arbres parallèlement aux cultures. Elle peut offrir un mélange durable de ressources alimentaires et forestières. L'agriculture en terrasses peut prévenir l'érosion sur les pentes tout en améliorant la rétention d'eau.

Les programmes gouvernementaux et les instituts de recherche peuvent jouer un rôle clé en soutenant les agriculteurs par des formations, des incitations et des apports scientifiques. La diversification des cultures, l'utilisation de compost organique et les techniques de gestion de la santé des sols peuvent améliorer la productivité sans nuire à l'environnement. La gestion communautaire des forêts et la planification participative de l'utilisation des terres peuvent également contribuer à garantir que l'agriculture et la conservation des forêts vont de pair.

La culture du Jhum est bien plus que l’agriculture; il incarne la sagesse autochtone, la résilience et l’harmonie avec la nature. Malgré les défis modernes, il offre des leçons vitales en matière de durabilité. Protéger ses racines culturelles tout en intégrant des pratiques modernes est essentiel pour garantir la sécurité alimentaire, l'équilibre environnemental et la dignité des agriculteurs tribaux du nord-est de l'Inde.

Première publication le :23 juillet 2025, 05h24 IST

Testez vos connaissances lors du quiz sur la Journée internationale des réserves de biosphère. Répondez à un quiz


Agricole moderne
Technologie agricole